Le syndrome d’activation mastocytaire ou SAMA

La pathologie que je vous présente aujourd’hui est plus ou moins liée au SED (voir l’article précédent), même si je la soupçonnais avant même de connaître le SED, c’est lors du diagnostic de ce dernier qu’un médecin a posé le nom. Beaucoup de SEDistes ont aussi cette pathologie et les signes chez moi sont assez évidents, ce qui laisse peu de place au doute. Je dois quand même maintenant faire confirmer ce diagnostic auprès d’un allergologue qui connaît bien ce syndrome afin d’espérer une vraie prise en charge et une suppression de certains symptômes.
Après l‘endométriose et le syndrome d’Ehlers Danlos, je finis mon tour de présentation avec le syndrome d’activation mastocytaire. On reste dans la maladie incurable, mal connue et très handicapante, histoire d’avoir un beau tiercé gagnant.

Le syndrome d’activation mastocytaire ou SAMA

« Le syndrome d’activation mastocytaire  est une pathologie immunologique dans laquelle les mastocytes libèrent de façon inappropriée et excessive des médiateurs chimiques, provoquant un ensemble de symptômes chroniques, y compris le choc anaphylactique, ou un état approchant.
Les symptômes principaux sont cardio-vasculaires, dermatologiques, gastro-intestinaux, neurologiques et respiratoires.

Contrairement à la mastocytose, où les patients ont un taux anormalement élevé de mastocytes, les patients atteints du SAMA ont un nombre normal de ces cellules, mais celles-ci ne fonctionnent pas correctement et sont définies comme « hyperréactives ». Le SAMA est encore mal compris par les professionnels de santé et reste actuellement un sujet de recherche (source). »

Pour expliquer brièvement et simplement ce que c’est, je résume la pathologie à une pseudo allergie à tout et n’importe quoi. Et surtout n’importe quoi. Le corps se sent attaqué et comme il pourrait répondre à une piqûre de moustique ou un aliment allergisant, il libère des médiateurs chimiques pour se défendre, comme l’histamine. Les tests standards qui dépistent les allergies sont normaux (à moins d’une véritable allergie, qui est tout à fait compatible avec le SAMA) ce qui contribue à l’errance médicale.

Les facteurs déclenchants

Ils dépendent de chacun.e et sont parfois aléatoires; ils sont aussi souvent étonnants. Parmi mes facteurs les plus insolites, on retrouve l’eau (pendant une douche), le toucher (de la caresse à l’étiquette qui gratte un peu, en passant par l’étreinte), l’effort (dans les mauvais jours, simplement me brosser les cheveux…). Moins atypiques, les aliments riche en histamine ou qui augmente son taux (les aliments fermentés, les fruits et légumes bien murs, les graines..), la chaleur, le temps froid, la lumière trop blanche (typiquement, le ciel voilé en hiver…), les odeurs fortes, le bruit, d’autres choses plus classiques (stress, piqûres d’insectes…), et d’autres choses encore…

Il y a beaucoup d’éléments déclencheurs qui le sont seulement par période: c’est le cas de l’eau de la douche (on parle de prurit aquagénique) . C’est arrivé que pendant plusieurs mois, le simple fait de prendre une douche soit un vrai calvaire dans l’heure qui suivait. La peau pique, brûle, démange et n’est étonnamment pas rouge; après avoir changé les gels douche et la température de l’eau, il a bien fallu que je me rende à l’évidence que le problème venait de l’eau seule. Ça fait plusieurs années maintenant que je n’ai plus ce problème de manière quotidienne. Les crises d’urticaire sont calmées avec l’antihistaminique mais toutes les autres atteintes cutanées sont toujours là.

Les symptômes

Au niveau des symptômes, j’ai des troubles digestifs handicapants (qu’on a mis sur le dos d’un intestin irritable au début), des migraines, malaises, (grosse) fatigue. Et les plus courants, notamment cutanés : prurits, urticaires, oedèmes de Quincke, flushs, dermographisme (tapez donc ce mot sur google image X) ), plaques rouges. Et je réagis mal à la plupart des médicaments : effets secondaires « très rares » n’est absolument pas rare chez moi.

Le diagnostic et les traitements

Le diagnostic est clinique, c’est à dire qu’on se base sur les symptômes et l’interrogatoire du patient pour l’établir, en ayant normalement avant ça écarté la mastocytose. Je dois attendre encore quelques mois avant d’avoir un rendez vous auprès d’un allergologue spécialisé, peut être que je viendrai étoffer cet article à ce moment là.

Niveau traitement, il faut tâtonner en jonglant entre plusieurs antihistaminiques, en les combinant et en adaptant les dosages, en espérant ne pas réagir aux excipient ou ne pas être tout simplement allergique à la molécule. On peut aussi mettre en place un régime pauvre en histamine ou en histaminolibérateurs et pauvre en tout ce qu’on supporte mal (clairement, il ne me reste que les cailloux…) . Et éviter les éléments déclencheurs… malheureusement, l’effort est un des pires facteurs pour moi et c’est celui que je ne peux évidemment pas éviter.

Je pensais naïvement obtenir une prise en charge facilement en médecine interne près de chez moi, mais force est de constater que le médecin rencontré n’était clairement pas bien renseignée sur cette pathologie et la résumer à une atteinte cutanée alors qu’elle est quasi systémique. C’est d’ailleurs en partie en me rendant compte que j’allais encore devoir me battre, mettre de l’énergie et de l’argent pour me faire soigner que l’envie de créer ce blog m’est venu.

Je me contente donc pour le moment d’un seul antihistaminique qui fonctionne un peu au niveau cutané ce qui est déjà une bonne chose. J’attends avec impatience une vraie prise en charge car certains symptômes extrêmement handicapants pourraient grandement être soulagés, je garde espoir.

Pour aller plus loin, je vous conseille ce site écrit par une personne touchée mais extrêmement bien renseignée. En cas de suspicion de ce syndrome, il peut être utile d’en discuter avec votre médecin. Selon le Dr. Lawrence Afrin (chercheur reconnu dans ce syndrome), environ 1 personne sur 6 serait affectée par des problèmes de santé pouvant possiblement être attribués à un trouble de l’activation mastocytaire; c’est encore plus de personnes touchées que l’endométriose mais c’est encore moins bien connue que le SED. 

L.

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Le syndrome d’Ehlers Danlos hypermobile ou SED(h)

Si l’endométriose présentée dans l’article précédent est une maladie fréquente (une à deux personnes touchées pour dix), le syndrome présenté aujourd’hui fait partie des maladies rares puisqu’il toucherait 1 personne sur 5000 (à 20000 selon les sources…).

Qu’est-ce que c’est

Le syndrome d’Ehlers Danlos est une maladie génétique par atteinte du collagène, les SED sont systémiques et liés à une anomalie du tissu conjonctif qui constitue 80 % du corps humain. La symptomatologie est alors si riche et polymorphe qu’elle complexifie la pose du diagnostic et renforce les errances du corps médical, dérouté devant autant de symptômes (source). Il existe différentes formes, la plus connue et répandue étant la forme hypermobile.

Les principaux symptômes sont : les douleurs, l’hypermobilité articulaire (luxations, subluxations, entorses, tendinites…), fatigue et troubles du sommeil, troubles respiratoires, troubles digestifs, troubles gynécologique (endométriose, fausses couches, règles hémorragiques ..), dysautonomie, troubles ORL, troubles bucco-dentaires, troubles cognitifs, troubles de la proprioception (le fait de situer son corps dans l’espace), dys’.. et tant d’autres.

Chez moi

Niveau symptômes, j’ai le package complet, même si je ne fais pas de luxation mais des subluxations des épaules, de la mâchoire et des genoux (la subuluxation est une luxation incomplète : l’articulation sort légèrement de son emplacement et se remet généralement toute seule). J’ai des douleurs musculaires, neuropathiques, des douleurs qui viennent et repartent, souvent sans explications, des troubles du sommeil et une asthénie sévère, une dysautonomie avec trouble de la thermorégulation, des troubles digestifs, respiratoires, gynécologique etc, bref, le package vraiment complet de chez complet. J’ai également une tachycardie orthostatique posturale, c’est à dire que mon rythme cardiaque augmente de plus de 30bpm quand je suis debout, ce qui provoque énormément de fatigue et qui conduit à des pré-syncopes voire syncopes (les mouches devants les yeux, le bourdonnements puis le trou noir..), également un syndrome d’activation mastocytaire qui aura son article, qui se traduit par une pseudo allergie à tout et n’importe quoi (mais surtout n’importe quoi).

L’errance diagnostic, c’est dans votre tête !

Il peut se passer une longue période entre le début d’apparition de la maladie et la pose du diagnostic ; le SED est la pathologie avec le plus grand retard diagnostic : 21 ans en moyenne. Le tableau clinique désarçonne souvent les médecins puisque les symptômes sont nombreux et parfois atypiques, et les examens médicaux tels que les prises de sang, les radios ou autres imageries sont souvent normaux et ne montrent rien. On s’entend alors souvent dire qu’on s’écoute trop (non) ou que c’est dans sa tête (non plus) et on finit parfois par se convaincre que c’est le cas. Nos symptômes deviennent notre normalité.

Le SED est parfois confondus avec d’autres pathologies comme la fibromyalgie, la spondylarthrite ankylosante, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Lyme etc, ce qui peut conduire à une mauvaise prise en charge et des mauvais traitements, voire une psychiatrisation.

Chez moi

Je ne fais pas exception à l’errance, d’autant plus que j’ai intériorisé la plupart des symptômes qui auraient ainsi pu mettre la puce à l’oreille d’un médecin averti. S’étouffer avec sa salive, se prendre les chambranles de porte régulièrement, se blesser d’un rien (coucou l’élongation en essorant un gant), ma grande maladresse, se geler les miches en plein soleil l’été et être en sueur en plein hiver, mes bleus spontanés, saigner des gencives à chaque brossage de dents etc.. tout ça, c’est ma norme depuis toujours… Comme le fait de souffrir le martyr pendant les règles n’est pas anodin, cumuler tous ces « petits problèmes » avec tous les « gros autres » ce n’est pas bien normal…

Le diagnostic

Pour cette forme, il n y a pas de test génétique fiable pour confirmer le diagnostic, donc celui ci se fait de manière clinique, en étudiant également les antécédents et les symptômes décrits. L’examen clinique officiel consiste à mesurer l’hyperlaxité des articulations (test de Beighton) et l’hyperextensibilité cutanée mais force est de constater que ce n’est pas toujours suffisant. Les articulations ne sont pas toutes testées et l’hyperlaxité peut, ironiquement, au fil du temps et des blessures, se transformer en raideur. Comme pour l’endométriose, il est nécessaire d’être examiné.e par un.e praticien.ne spécialiste pour profiter de son expérience et de son regard expert.

Chez moi

J’ai été diagnostiquée en décembre 2017 en trouvant moi même ce que j’avais grâce à internet, comme pas mal d’autres malades… C’est vrai qu’avec mes difficultés de communication en plus des symptômes qui n’en n’étaient pas vraiment pour moi, je n’ai pas beaucoup aidé les quelques médecins rencontrés à trouver ce que j’avais. Mais quand même… Si les médecins étaient un peu plus à l’écoute, un peu plus interrogateurs et ne remettaient pas en question ce qu’on leur explique, peut-être que les diagnostics se feraient un peu plus vite quand même. « Si vous entendez des sabots, pensez à un cheval, pas à un zèbre » apprend-on aux médecins en formation, sauf qu’à force de penser uniquement cheval, nous sommes de nombreux zèbres non pris en charge et non soignés.

Mon diagnostic a été posé par un médecin généraliste qui a été formé et s’est spécialisé dans le SED. Le rendez vous a duré deux heures et demi et l’interrogatoire sur mes symptômes s’est fait organe par organe, de la tête aux pieds. Ce type d’anamnèse devrait être systématique lorsqu’on a beaucoup de symptômes sans qu’on sache de quoi on souffre. Mon hyperlaxité n’est pas impressionnante du tout, elle l’était plus quand j’étais plus jeune ; c’est ce qui me faisait douter du SED au début.

L’errance post diagnostic

Une fois le diagnostic posé, il faut rencontrer beaucoup de spécialistes pour vérifier qu’il n y ait pas d’atteinte cardiaque ou respiratoire, selon les symptômes, faire des bilans orthophoniques et orthoptiques, parfois il faut faire un examen du sommeil. D’autres pathologies qui sont des comorbidités du SED sont parfois évoquées, comme la tachycardie orthostatique posturale ou le syndrome d’activation mastocytaire, il faut donc les faire confirmer et faire soigner. Et c’est compliqué, parce que ce sont encore des pathologies méconnues.

C’est également toujours le parcours du combattant pour une bonne prise en charge, notamment au niveau ALD : le SED n’est pas reconnu si le diagnostic ne vient pas d’un centre de compétence. Le centre de compétence dont je dépends est habilité sur le papier à poser le diagnostic mais pourtant, ils n y connaissent pas vraiment le SED.

De plus, malgré ce diagnostic posé, je tombe encore sur des médecins suspicieux :
– des « j’y crois moyen, c’est trop rare pour que vous puissiez avoir ça »
– des « je-sais-mieux-que-toi-la-malade parce que sisi, il y a une analyse génétique pour confirmer le sed » (non, pas pour cette forme et pas en France!)
– des mals informés « mais ça ne touche que les articulations! » (et t’en trouve dans quoi d’autre du collagène??) ou « ça ne fait pas mal!« 

Je conçois vraiment que les médecins ne connaissent pas toutes les maladies, ça me semble totalement normal. Ce qui me gêne en revanche, ce sont les médecins qui font semblant de connaître, pour ne pas passer pour des ignorants et qui font ensuite n’importe quoi, ou les médecins qui ne veulent pas se renseigner un minimum. Le dernier rencontré à repoussé ma documentation sur les troubles cardiaques dans le SED : On parle quand même d’un organe un petit peu vital et d’atteintes qui peuvent être très graves.

Les traitements

Il n y a pas de traitement, on ne guérit pas du SED. Il y a des aides, qui agissent sur les symptômes, mais ce n’est pas toujours efficace. Il y a les vêtements compressifs, qui aide à la proprioception et peut soulager des douleurs, il y a les orthèses qui maintiennent les articulations ou soulagent des douleurs, les cannes, béquilles et le fauteuil roulant (oui, on peut marcher et avoir besoin de FR, c’est un outil qui peut grandement améliorer la qualité de vie), les matelas et coussins à mémoire de forme pour soulager les appuis douloureux, le TENS, l’oxygénothérapie qui joue sur les douleurs, les migraines et la fatigue, très efficace pour beaucoup, des médicaments quand ils sont supportés (oui, petite précision, on supporte généralement mal les médicaments….super hein!). La kiné proprioceptive et respiratoire (voire, renforcement musculaire pour soutenir les articulations bancales, mais avec précautions!), la balnéothérapie, la rééducation orthoptique (trouble de la convergence) et orthophonique (pour la dysoralité entre autres). Certain.e.s gèrent très bien leur SED (parce que très peu de symptômes), d’autres s’en sortent à peu près et d’autres sont très très atteint.e.s .

Chez moi

Pour ma part, j’ai plusieurs choses mais je ne supporte pas grand chose, notamment les vêtements compressifs, une ceinture lombaire et des béquilles. J’ai eu le TENS aussi, mais c’était plus compliqué à mettre en place qu’efficace. J’ai eu l’oxygénothérapie pendant 3 mois, ce qui m’a aidé pour la réduction des migraines et la fatigue, malheureusement je n’ai plus de prise en charge financière.  J’ai des orthèses pour les pieds et pour un poignet. Je fais de la kiné mais pas très bien adaptée, je me blesse donc assez régulièrement et ne voit pas de progrès. Et niveau médicament anti-douleurs, je supporte peu de chose, donc je prends principalement du paracétamol et tramadol. Ce n’est pas toujours efficace mais ça agit sur certaines douleurs, c’est le principal. Un fauteuil roulant serait parfois le bienvenu, en sortie uniquement puisque mon périmètre de marche est très restreint et je peux difficilement rester debout longtemps.

En résumé, c’est une maladie rare et systémique qui provoque un ensemble de symptômes fluctuants et imprévisibles, et qui varient d’un individu à l’autre, d’un jour à l’autre. Elle ne se soigne pas et même si ce n’est pas une maladie dégénérative, c’est une maladie qui compromet grandement voire gravement nos projets et notre avenir. Je n’en parle pas positivement car ce n’est pas une maladie positive,  je la décris donc telle qu’elle est, difficile et compliquée.

Pour plus d’informations, je vous conseille le site très complet du Pr Hamonet.

 

L’endométriose

On en parle de plus en plus alors j’ai tendance à penser que tout le monde a compris à peu près ce que c’est, mais je me permets un rappel avec mes mots à moi plutôt qu’un copier coller wikipédia. Il y a peut-être des erreurs, des approximations; je ne suis pas médecin mais malade, ce qui fait que je connais très bien la maladie de l’intérieur mais pas forcément son fonctionnement propre.

L’endométriose, c’est quoi?

L’endomètre est la muqueuse qui tapisse notre utérus, et s’épaissit à chaque cycle. Lorsqu’elle est à son apogée, elle est prête à accueillir l’ovule s’il y a fécondation, sinon, elle se désagrège et devient les règles. Dans le cas de l’endométriose, on retrouve de ce tissu endométrial en dehors de son emplacement normal : sur les ovaires, vessie, intestins, et même parfois reins et poumons. Ces cellules créent des lésions qui peuvent prendre la forme de kystes, d’adhérences (qui colle les organes ou autre entre eux) ou « juste » de lésions. Elles sont hormono-sensibles, elles vont réagir en fonction du cycle, et vont également saigner « à l’intérieur » au moment des règles, provoquant la plupart du temps des douleurs insupportables. Et surtout, elles vont grandir de cycles en cycles.

La théorie la plus répandue pour expliquer cela est celle du reflux : au lieu de s’évacuer correctement, l’endomètre migre vers d’autres organes; malheureusement, « cette théorie est contredite par de nombreuses études car 90% des personnes née avec un utérus ont un reflux. En outre, les lésions endométriales ont une composition moléculaire différente de celle de l’endomètre et de l’endométriose a été retrouvée sur des fœtus… Il existe d’autres théories qui toutes présentent des failles.. » (sources)

ça se soigne?

Il n y a pas vraiment de traitement : on peut se voir proposer la pilule en continue pour couper les règles, ou un DIU hormonal qui agit sur les ovaires, ou la ménopause chimique qui agit directement sur l’hypophyse. Certain.e.s gynéco affirment encore que ces solutions sont toujours à 100% efficace, malheureusement on constate de nombreuses récidives sous ces traitements. L’opération par cœlioscopie est envisageable parfois, elle consiste à retirer les lésions et autres nodules qui pourraient quand même revenir (on estime au minimum à 10% de récidive et c’est le chiffre le plus bas). L’hystérectomie (retrait de l’utérus) est parfois proposée, malheureusement ça ne suffit pas toujours, surtout si les lésions se situent en dehors de l’utérus… L’alimentation anti-inflammatoire, le yoga, la méditation, l’hypnose, la phytothérapie et autres médecines douces sont aussi souvent d’une grande aide.

Quels sont les symptômes ?

C’est une maladie qui ne se soigne pas mais qui ne tue pas (On parle parfois de cancer qui ne tue pas, les lésions s’apparentant à des tumeurs), ou alors indirectement : hémorragie interne, atteintes d’organes vitaux, suicides.. ; elle reste néanmoins très handicapante pour la plupart des malades : il y a les douleurs qui s’intensifient à chaque cycle (dysménorrhée), pendant l’ovulation, avant-pendant-après les règles et parfois tout le temps, qui peuvent provoquer des évanouissements et des vomissements, des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie), douleurs pour uriner (dysurie) ou déféquer (dyschésie), généralement une infertilité (le recours à la pma est souvent nécessaire), des troubles digestifs, une fatigue chronique, la dépression etc etc.
Sans compter l’incompréhension de l’entourage et le manque de connaissance de beaucoup de médecins ; pourtant c’est une maladie qui toucherait plus d’une femme sur 10 en âge de procréer.

On n’en connait pas la cause exacte, même si les hypothèses penchent du côté des perturbateurs endocriniens.

Comment ça se diagnostique ?

mal. En fait, il est très facile de passer à côté du diagnostic quand nous ne sommes pas pris en charge par un/e praticien praticienne expérimenté voire expert. Généralement, on nous prescrit une échographie endovaginale et/ou une irm, malheureusement ces examens ne montrent pas toujours la véritable étendue des dégâts. Le seul moyen véritablement fiable est la cœlioscopie qui n’est pas sans inconvénient : en plus d’augmenter le risque d’adhérences post-opératoire, c’est un acte invasif qui nécessite une anesthésie générale avec les risques que cela comporte.

De mon côté

J’ai eu mes premières règles à 12 ans, et au bout du deuxième cycle, c’était déjà l’anarchie car elles duraient 4 semaines. J’ai rapidement été mise sous pilule, ce qui a résolu le problème et jusqu’à mes 22 ans, je l’ai prise sans me poser de question, malheureusement, sans être suivie non plus. Cette année là, je décide de l’arrêter pour des raisons de santé et un an plus tard, les violentes douleurs commencent. Je me traîne régulièrement chez le médecin qui me dit que c’est normal, ça fait mal, c’est comme ça ; elle me prescrit pleins d’antidouleurs différents mais toujours inefficaces. Je finis par chercher sur internet, persuadée que souffrir à ce point n’est pas normal et je me retrouve dans les symptômes de l’endométriose. J’en parle à mon médecin, en inventant un cas d’endo dans ma famille, par peur d’avouer que « j’avais vu ça sur internet » et elle me dit de voir un.e gynéco. J’appelle en premier lieu l’hôpital qui me refuse. Oui oui. Ce refus repoussera de plus d’un an le diagnostic. Je prends rdv avec une autre qui me fait passer une écho en me disant que s’il n y a rien, elle clôt le dossier. Elle me prescrit également une pilule, que je ne supporte pas. L’écho ne montre rien, donc je laisse tomber, me fait prescrire une autre pilule qui stoppe mes règles et enlève une bonne partie des douleurs, et comme m’a dit la gynéco, le dossier est clos. Quelques mois plus tard, les douleurs reviennent aussi fortes qu’avant la pilule ; le médecin qui me suit pour mes migraines, m’interroge sur d’autres problèmes de santé et me dit que ce que je lui décrit lui fait penser à l’endométriose et qu’elle a vu d’autres personnes dans mon cas. Je vous jure qu’à ce moment là je ressent un soulagement énorme; même si ce n’est pas sa spécialité, enfin un médecin connait la maladie, me croit et fait un lien d’elle même avec l’endo. Elle insiste pour que j’appelle de nouveau l’hôpital, et j’obtiens un rdv rapidement.

La pose du diagnostic

A partir de là, j’ai l’impression de bien être prise en charge auprès de ces « spécialistes de l’endométriose », et même s’il aura fallu plusieurs mois, des écho et des irm, le diagnostic est posé. Je ne suis pas folle, mes douleurs ne sont pas dans ma tête, je ne suis pas forcément plus sensible que la moyenne ni plus chochotte, je souffre et c’est vrai. L’irm qui m’a été prescrite ne montre pas grand chose mais le chef de service est convaincu de la présence de l’endométriose et propose de m’opérer pour confirmer le diagnostic et retirer les lésions. L’opération n’a duré que deux heures, ce qui est relativement rapide et rassurant, les lésions retirées ont été analysées et il s’agissait bien d’endométriose.

J’étais très confiante à la suite de cette opération, malheureusement j’ai assez vite déchanté: Les douleurs étaient toujours bien présentes, j’ai donc pensé qu’il fallait laisser le temps de cicatriser pour voir une amélioration. Lors de mon rendez vous post opératoire, le chirurgien m’a expliqué que j’aurai du aller mieux tout de suite et que si ce n’était pas le cas, alors c’est qu’il y avait un autre problème mais que ce n’était pas son problème à lui puisque lui a fait son travail. Retour à la case départ, face à mes douleurs, de l’incompréhension et de l’indifférence. Pire, mon histoire ressemble à celles d’autres filles opérées par ce même chirurgien; l’autre point commun de nos histoires sont les mensonges et les dissimulations d’informations. J’aimerai entrer davantage dans les détails mais je ne veux pas être poursuivie pour diffamation, même si les preuves sont là.

Le retour à la case départ

Deux ans après cette opération, les lésions sont revenues (ou alors elles n’ont pas été correctement enlevées) et des douleurs neuropathiques se sont greffées. Ces lésions sont trop petites et profondes pour qu’une autre intervention soit efficace et j’ai en plus des lésions de départs (officiellement en plus, parce qu’elles sont peut être là depuis le début)  des lésions dans le muscle utérin (adénomyose) ce qui n’est pas opérable.  Je suis toujours sous pilule en continu, je ne PEUX pas me faire poser de DIU et je ne VEUX pas de ménopause chimique.

 

Pour aller plus loin :

Le blog de Endometriosemonamour

Endopaedia, site médical, en anglais

Le business de l’endométriose, une chronicisation qui rapporte !